Collectif Pas si poulet · Blévy (Eure-et-Loir)
Plus de 4 400 signataires. Le permis de construire est retiré. Ce projet ne se fera pas à Blévy.
Cette issue a été trouvée par le dialogue, entre les habitants, la municipalité et le porteur de projet. Elle n'est la défaite de personne. Ce que nous avons construit entre voisins cet été, nous voulons le faire vivre, ici et au-delà de Blévy.
Le projet · notre histoire · Acte 1
392 habitants, des générations mélangées : anciens et nouveaux, familles, jeunes, retraités, entrepreneurs. Un clocher, la Blaise qui traverse, le GR 351 qui longe les champs. Personne n'est ici par hasard : chacun a choisi ce village, son calme et ses chemins.
C'est ce cadre de vie, pas une nostalgie mais une réalité quotidienne, que le collectif a défendu tout l'été 2026.
On protège ce qu'on transmet.
Le problème · Acte 2
Un permis de construire (n° PC 028 226 26 0 0003) autorise un bâtiment d'élevage industriel de 1 732 m² pour 30 000 volailles par lot, 5 à 7 lots par an (soit jusqu'à environ 210 000 poulets par an), à 115 mètres des premières habitations et à moins de 200 mètres de la Blaise.
Le projet est déclaré à exactement 30 000 emplacements : c'est précisément le plafond du régime de déclaration ICPE (rubrique 2111). En dessous de ce seuil, la réglementation n'exige ni enquête publique, ni étude d'impact. Une coïncidence arithmétique. Et pour les riverains, un dossier silencieux sur l'eau, l'air et le voisinage.
« On nous a mis directement devant le fait accompli, sans qu'aucun mot n'ait été publié au préalable dans le bulletin local ou lors d'une réunion d'information. »Un riverain de Blévy · Le Parisien, 10/08/2026
L'analyse du dossier par Francis Cousin, expert foncier et agricole, relève notamment : deux avis défavorables de l'Agglo du Pays de Dreux concernant l'eau (avril 2026) non visés par l'arrêté, un photomontage qui ne montre pas la proximité du village, aucune prescription sérieuse sur la circulation des poids lourds, et un exposé des épandages qui ne permet pas d'en connaître le périmètre au regard des habitations, du GR 351 et de la Blaise.
Sources : permis de construire, dossier ICPE (rubrique 2111). ICPE = Installation Classée pour la Protection de l'Environnement.
C'est la distance entre le site du projet et la Blaise, affluent de l'Eure, dans une commune incluse dans la zone Natura 2000 « Forêts et étangs du Perche ».
Notre réponse · Acte 3
Huit foyers, dont plusieurs à moins de 200 mètres du site projeté, en voisinage immédiat de l'installation. Derrière eux : des retraités, des familles, des entrepreneurs, des anciens du village et des néo-ruraux. Des gens ordinaires qui ont choisi leur cadre de vie et l'ont défendu avec méthode : pétition, permanence, présence sur les marchés, dialogue avec la commune et le porteur de projet.
Et nous parlons pour tous les autres villages : depuis la loi du 11 août 2025 et ses décrets de février 2026, le seuil d'autorisation environnementale est passé de 40 000 à 85 000 emplacements. En dessous de ce seuil, et 30 000 est très en dessous, plus grand-chose n'oblige à regarder.
« Produire français, oui.
N'importe où et n'importe comment, non. »
Dit franchement
Contre un agriculteur.
Le porteur de projet n'est pas notre adversaire. Ce que nous contestons, c'est un cadre qui permet une implantation de cette ampleur sans évaluation d'impact ni regard des habitants.
Contre l'agriculture.
Nous vivons ici parce que nous aimons la campagne travaillée. Nous défendons un modèle agricole soutenable et une ruralité vivante, pas une campagne sous cloche.
« Chacun chez soi ».
Notre cas est celui de dizaines de villages. Nous demandons qu'un projet de cette ampleur soit examiné avec une véritable évaluation de ses impacts (l'eau, l'air, le trafic, le voisinage), ici comme ailleurs.
La preuve · chaque chiffre a sa pièce
du poulet consommé en France en 2025 a été importé. La question n'est pas de produire plus n'importe où, mais de produire mieux.
Source : ANVOL (interprofession volaille), 2025
emplacements déclarés, exactement le plafond du régime de déclaration ICPE (rubrique 2111), qui dispense d'enquête publique et d'étude d'impact.
Source : dossier ICPE, nomenclature rubrique 2111
les décrets d'application de la loi Duplomb allègent les procédures pour les élevages : moins de regard citoyen, partout en France.
Source : loi du 11 août 2025 et décrets de février 2026
« Le photomontage au dossier est trompeur, puisqu'il ne montre que de la plaine avec, très loin, en arrière-plan, des bois. Une vue de l'autre sens indiquerait la grande proximité du village, de la rivière La Blaise et des premières habitations. »Francis Cousin, ingénieur-conseil, expert foncier et agricole · rapport d'analyse du dossier de PC, 03/07/2026
L'économie du village
Le cadre de vie de Blévy n'est pas seulement notre quotidien : c'est un outil de travail. Des entrepreneurs se sont installés ici précisément pour ce que ce village offre : le calme, le paysage, l'authenticité. C'est ce qu'ils vendent, et c'est ce que leurs clients viennent chercher.
Gaspard et Margot reçoivent régulièrement des clients à Blévy pour leur activité de traiteur et d'événementiel. Leur métier vit de l'image du lieu autant que de leur cuisine.
Nadège Kaci accueille des hôtes venus chercher exactement ce que le village promet : la campagne, le silence, la Blaise. Un élevage industriel en lisière change ce qu'elle peut leur offrir.
Un territoire rural vivant, ce sont aussi ces activités-là : des jeunes qui osent se lancer, créent de l'accueil et de l'emploi local. Leur pari mérite la même considération que tout projet économique.
La même histoire commence près de chez vous ?
Dites-nous où vous en êtesActualités
Le maire de Maillebois, le porteur de projet et le collectif annoncent ensemble le retrait du permis, et saluent une issue trouvée par le dialogue. Lire le communiqué.
Le maire de Maillebois prend l'arrêté de retrait du permis de construire, les travaux n'ayant pas commencé. Ce projet ne se fera pas à Blévy.
Une semaine après la réunion publique, le porteur de projet demande à la commune le retrait de son permis de construire.
Le collectif ouvre ses tables au 4 rue des Champarts, de 17 h à 21 h : buvette au profit du collectif, ateliers et stands, et de quoi poser toutes ses questions.
Une réunion publique réunit habitants, élus et porteur de projet à la mairie de Maillebois.
Nadège Kaci ouvre la pétition en ligne, adressée au préfet d'Eure-et-Loir, à la commune de Maillebois et à la députée de la circonscription. Le site passipoulet.fr suit, avec la permanence au village et la présence sur les marchés.
France 3 Centre-Val de Loire consacre un sujet à Blévy dans son Ici 19/20, à voir plus bas.
Le Parisien publie une enquête sur le projet : la parole des riverains, celle du maire de Maillebois et celle de la FNSEA 28.
Francis Cousin, ingénieur-conseil et expert foncier et agricole, examine le permis pièce par pièce et remet son rapport le 3 juillet.
Les habitants découvrent l'affichage du permis de construire au bord d'un chemin. Le collectif se forme dans les jours qui suivent.
Un arrêté municipal accorde le permis de construire du bâtiment d'élevage (dossier reçu en mairie le 9 mars 2026 ; déclaration ICPE transmise le 4 mars 2026).
Ils en parlent · nous publions
Un reportage télévisé, une enquête de presse nationale, et tout le reste publié au jour le jour sur nos réseaux. Suivez, partagez : chaque relais compte autant qu'une signature.
Le sujet consacré à Blévy dans l'édition Ici 19/20 de France 3 Centre-Val de Loire, mardi 11 août 2026. Durée : 3 min 25.
© France 3 Centre-Val de Loire. Extrait diffusé le 11/08/2026, reproduit à titre d'information. Voir l'émission sur france.tv
Enquête sur le projet de poulailler industriel : la parole des riverains, celle du maire de Maillebois et celle de la FNSEA 28.
La télévision locale d'Eure-et-Loir revient sur le calendrier annoncé par le porteur de projet, qui envisage une construction dès 2027.
Communiqué du 8 octobre, visuels, logos et contacts : tout est dans l'espace presse.
Nos dernières publications : les visages, les chiffres, les rendez-vous. Chaque vignette ouvre la publication sur Instagram.
Publications recopiées depuis notre compte · voir tout sur Instagram →
Les visages du village, les chiffres expliqués, les coulisses du dossier, publiés d'abord ici.
Facebook Pas si poulet, collectif de BlévyLes annonces, les rendez-vous au village et les échanges avec les habitants des communes voisines.
La pétition change.org/PassipouletcollectifLe lien direct, à envoyer tel quel dans un message, un groupe WhatsApp ou un mail de voisinage.
Demain, peut-être vous
« Aujourd'hui c'est nous, demain c'est peut-être vous » n'est pas un slogan : c'est un constat documenté.
Le préfet autorise un élevage pouvant produire plus de 600 000 poulets par an ; une centaine d'habitants manifestent ; des recours sont annoncés.
Source : France 3 Grand Est
La Cour administrative d'appel de Versailles annule l'autorisation d'un élevage de 40 000 poules : proximité des habitations, ZNIEFF, risques pour les eaux. Un précédent jurisprudentiel majeur, la preuve que le droit peut donner raison aux riverains.
« Il faut savoir si l'on veut des œufs de qualité produits en plein air sur notre territoire ou des œufs produits dans des batteries à l'étranger. » Bruno Millièmes, député des Yvelines
Source : Les Échos, 12/04/2024
140 000 volailles arrivent alors que les procédures sont en cours : les recours ne sont pas suspensifs. La filière œufs vise 300 nouveaux poulaillers d'ici 2030.
Source : franceinfo, mai 2026
Permis délivré en avril 2026, contesté par les riverains dès l'affichage du panneau : le miroir exact de Blévy.
Source : Réussir
Et aussi : Chabrillan (Drôme), Givet (Ardennes), Ancelle (Hautes-Alpes)… la même séquence se répète de région en région (presse régionale, 2026).
Nous vous répondons sous 72 heures avec la méthode que nous avons suivie à Blévy.
Questions franches
Ces questions nous ont été posées pendant l'été 2026, sur les marchés et les réseaux sociaux, y compris celles qui ne nous arrangeaient pas. Nous les laissons en ligne : elles se poseront ailleurs, et chaque réponse s'appuie sur le dossier.
Non, et nous le disons depuis le premier jour : le porteur de projet n'est pas notre adversaire. Ce que nous contestons, c'est un cadre qui permet un bâtiment industriel de 1 732 m² à 115 mètres des maisons sans évaluation d'impact ni voix des habitants. Beaucoup d'entre nous vivent ici parce qu'ils aiment la campagne travaillée, et le village compte aussi ses propres entrepreneurs.
Nous le disons aussi, et c'est exactement pour cela que nous ne visons pas la personne. Mais Blévy compte d'autres jeunes qui ont osé entreprendre : un traiteur qui reçoit ses clients ici, un gîte qui accueille des hôtes venus chercher le calme. Leur investissement, lui, n'a pas été consulté. Encourager un jeune agriculteur et demander qu'un projet de 30 000 volailles soit évalué avant de s'implanter à 115 mètres des maisons ne s'opposent pas : c'est même la meilleure protection pour tout le monde, porteur de projet compris.
Nos ancêtres avaient des basses-cours : quelques dizaines de volailles dehors, dans les fermes du village. Le dossier décrit autre chose : un bâtiment fermé de 1 732 m² (environ 100 m sur 18 m) pour 30 000 poulets par lot, soit environ 17 poulets par mètre carré, moins d'une feuille A4 par animal. Ce n'est pas la campagne qui est en cause, c'est le mode d'élevage : ce projet est industriel par sa nature, où qu'on le pose. Et justement : si l'on aime les poules à la campagne, c'est l'élevage en plein air qu'il faut défendre, pas le hangar.
Calcul : 30 000 ÷ 1 732 m² ≈ 17,3/m², soit ≈ 578 cm² par poulet (une feuille A4 : 624 cm²). Source : déclaration ICPE du 4 mars 2026.
« Un bâtiment de 30 000 têtes est le standard économique indispensable. »Séverin Sergent, FNSEA 28 · Le Parisien, 10/08/2026
C'est exact : 52,4 % du poulet consommé en France en 2025 était importé, et c'est nous qui citons ce chiffre. La question n'est donc pas faut-il produire, mais où et comment. Si ces élevages sont nécessaires au pays, méritent-ils d'être implantés au ras du minimum légal, contre un village, sans étude d'impact ? Comme le dit Nadège, membre du collectif : « Produire français, oui. N'importe où et n'importe comment, non. »
Sources : ANVOL, février 2026 (52,4 % d'importation, autosuffisance passée de 70,7 % à 67 %).
Ce sont des poulets de chair, élevés par rotations d'environ 40 jours : les poussins de la première semaine pèsent 2 kg à l'enlèvement. Et le bruit des animaux n'est qu'une partie du sujet : un bâtiment de ce type fonctionne avec une ventilation permanente, des livraisons d'aliment pour trois silos, des enlèvements par camions, et le dossier prévoit l'épandage du fumier et des eaux usées sur les terres alentour. Odeurs, ammoniac, trafic : les nuisances d'un élevage industriel ne se résument pas au chant des poules.
« Le fumier (ou les eaux usées) sera épandu sur les terres cultivées par [l'exploitant], sans que les riverains puissent en connaître le périmètre exact, ne serait-ce qu'au regard de leurs habitations, du GR 351, ou de la rivière de la Blaise. »Francis Cousin, expert · rapport d'analyse du dossier, 03/07/2026
Source : déclaration ICPE du 4 mars 2026 (bâtiment, 3 silos, épandage du fumier et des eaux usées).
« Dès lors que le dossier respectait scrupuleusement le plan local d'urbanisme ainsi que les normes d'urbanisme en vigueur, la délivrance du permis était une obligation légale. »Philippe Merlet, maire de Maillebois · Le Parisien, 10/08/2026
Le maire a raison sur un point, et nous le citons loyalement : le cadre l'obligeait. C'est précisément ce cadre que nous contestons. 100 mètres des habitations, c'est le minimum réglementaire ; un plancher légal n'est pas une recommandation d'implantation, c'est la limite en dessous de laquelle on ne peut pas descendre. Notre question est simple : si nous devons vraiment faire ce type d'élevage, devons-nous le faire à 115 mètres des maisons, quand l'exploitation s'étend sur 95 hectares ? Légal et acceptable sont deux choses différentes.
C'est l'une des craintes majeures des riverains, et elle est rationnelle : la proximité d'une installation classée fait partie des éléments qu'un acquéreur et son notaire examinent, et que le vendeur doit signaler. Qui achèterait au même prix une maison à 115 mètres d'un élevage de 30 000 volailles ? Nous ne publierons pas de chiffre tant que nous n'aurons pas d'estimation professionnelle à citer : sur ce point comme sur les autres, nous préférons une réponse honnête à un pourcentage inventé.
Chaque rotation d'élevage implique sa logistique : livraison des poussins, approvisionnement des trois silos d'aliment, enlèvements des animaux, gestion du fumier, et cela recommence à chaque cycle, cinq à sept fois par an, sur des voies communales étroites qui n'ont pas été conçues pour ce gabarit. L'arrêté, lui, ne prescrit rien de sérieux sur cette circulation : c'est l'un des points relevés par l'expert. Une note technique est en cours pour chiffrer précisément ces rotations de poids lourds ; elle sera publiée ici.
Un seul bâtiment aujourd'hui, mais selon un riverain cité par Le Parisien, « l'éleveur compterait agrandir le site par la suite et construire un deuxième, voire un troisième bâtiment. On nous installe une véritable structure industrielle à la porte de nos maisons. » Nous ne prêtons d'intention à personne : nous constatons simplement que rien, dans le cadre actuel, n'obligerait un deuxième ou un troisième bâtiment à passer par une étude d'impact, tant que chaque déclaration reste sous les seuils. C'est précisément le problème du cadre, pas de la personne.
Source : Le Parisien, 10/08/2026 (citation attribuée).
Qu'un projet de cette ampleur soit examiné comme son ampleur le justifie : une véritable évaluation de ses impacts (l'eau, l'air, le trafic, le voisinage) et une procédure où les habitants ont voix. C'est ce que notre pétition demande, pour Blévy hier comme pour les villages qui suivront.
Une question qui n'est pas ici ? Écrivez-nous : on répond, et on l'ajoute.
La pétition
Le permis est retiré, et la pétition reste ouverte : c'est par elle que des habitants d'autres villages, confrontés au même type de projet, nous trouvent. Vous pouvez encore la signer et la partager.
Voir la pétitionPétition hébergée sur Change.org, ouverture dans un nouvel onglet.
À montrer sur un téléphone, à imprimer sur un tract ou une affiche : la caméra se pointe dessus, la pétition s'ouvre. C'est ce qui a transformé nos conversations sur les marchés en signatures.
Un village qui nous découvre, ce sont des semaines de tâtonnements en moins. Partagez.
Espace presse
Le communiqué commun du 8 octobre 2026, les visuels, les logos, les contacts et la revue de presse.